mercredi 22 avril 2009

La culpabilité

Il y a quelques jours, je lisais le billet de ma collègue blogueuse Nathaly à propos de Monique Jérôme-Forget et de la culpabilité. Qui faisait lui-même référence à un article du Soleil.
On y cite madame Forget, lors de son départ qui fait cette déclaration intéressante: «Quoi qu'elles fassent, les femmes vont se sentir coupables. Qu'elles soient présentes ou absentes, elles vont se sentir coupables! Ça fait partie du gène féminin. Mais il faut l'ignorer!» affirme Monique Jérôme-Forget, au moment de quitter la politique.
La culpabilité, particulièrement présente chez les femmes, (est-ce vraiment une question de gêne, d'éducation ou un mélange des deux, je ne sais pas) est effectivement une chose dont on a du mal à se débarrasser.
Mais contrairement à mon amie Nathaly (et à mon personnage Amélie, grande coupable devant l'univers), je pense qu'on peut s'en sortir. (On dirait que je parle de drogue!) Non seulement je suis convaincue qu'on peut faire taire la petite voix emmerdante (vous avez remarqué qu'elle est souvent aiguë?) qui tente de nous faire sentir responsable de tout à tout propos, mais je pense avoir assez bien réussi.
La culpabilité, pour moi, c'est comme les regrets. Si elle ne vous pousse pas à agir pour réparer, corriger ou arranger la situation, qu'elle ne vous apprend rien de la vie ne vous donne pas de leçon, alors elle est inutile et surtout malsaine. Se culpabiliser sans bonne raison, surtout si l'on ne peut rien changer à une situation n'amène rien de bon et je pense qu'il faut se débarrasser de ce sentiment qui peut être malsain. Il est impossible de rendre tout le monde heureux tout le temps autour de nous et il faut vivre avec cela.
Il ne sert à rien non plus de se sentir coupable ou d'avoir des regrets après avoir mangé un bon gros morceau de gâteau au chocolat et se dire après: "Ho mon Dieu, j'aurais pas dû!" et angoisser pendant 3 jours sur les calorie si on ne fait rien. Soit on agit en mangeant une salade le soir, soit on en profite faire une séance d'exercice plus tard pour brûler les calories, ou pour renforcer sa volonté et résister la prochaine fois. Mais se torturer l'esprit avec les "petites culpabilités" du genre, c'est mauvais pour la santé mentale.
En janvier dernier, j'ai fait une fausse couche à environ 4 semaines de grossesse. (C'est la première que j'en parle "en public", il n'y a que mon entourage qui soit au courant.) Dieu sait que la culpabilité à tendance à se pointer le bout du nez assez vite dans ces circonstances! Mais j'ai refusé de me laisser abattre par elle.
D'abord, je savais que malgré bien des croyances, ce n'est pas lié au comportement de la mère, même si on veut se blâmer et qu'on se pose des questions. J'ai songé aux boîtes un peu lourdes que j'avais levées, au café que je n'avais pas entièrement coupé. Bref, à tout ce que j'avais fait. Puis je me suis dit que non, ce n'était pas ma faute. Je sais que personne ne peut empêcher une fausse couche, surtout à ce stade si précoce. Même la médecine n'y peut rien. Et je suis une personne prudente.
Ensuite, je me sentais déjà bien assez mal, abattue et déprimée comme cela. Je n'avais pas besoin d'en rajouter en plus.
Qu'on me comprenne, je ne dis pas que je ne me sens jamais coupable. Mais je pense qu'on peut choisir les choses pour lesquelles il vaut la peine de ressentir de la culpabilité ou des regrets. Et qu'on peut en tirer des enseignements ou passer à l'action. Autrement, il n'y a pas de sens à tout cela.
Il y a plusieurs années, j'avais découvert une prière, devenue mon moto, qui disait à peu près ceci: "Dieu, donnez-moi la force de changer les choses que je peux changer, la force d'accepter les choses que je ne peux changer et la sagesse pour faire la différence entre les deux." C'est la même chose pour la culpabilité et les regrets. Il faut savoir quand ça vaut la peine.

4 commentaires:

Claudel a dit…

merci de ce billet presque intimiste. Vous m'encouragez à ne pas me gêner pour écrire des textes plus personnels parfois.

Je connais plus le doute que la culpabilité, mais les deux ne sont pas plus utiles sinon pour les dépasser.

Evelyne a dit…

Merci. :-) C'est vrai que je parle rarement de ma vie privée sur mon blogue.Il n'y a pas souvent de quoi d'intéressant à raconter, il faut dire.
C'est bien vrai ce que vous dites sur les doutes et la culpabilité.

Nathaly D a dit…

Touchante Evelyne...
Tu me fais réfléchir et j'adore ça.
Merci.

Evelyne a dit…

Merci, Natahly! :-) Tant mieux, ça me fait bien plaisir.